Rencontre avec Dominique Batani

Rencontre avec Dominique Batani

Témoignage d’un homme volontaire et passionné, Dominique Batani : la reconversion d’un ancien Général des armées en Directeur du Marché d’intérêt national de Rungis.

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Ancien Général, Dominique Batani a une carrière de 34 ans dans l’Armée et a dirigé l’Ecole militaire de haute montagne de Chamonix. Depuis 2011, il est le directeur du marché de Rungis.

Dominique Batani revient sur sa reconversion professionnelle et sur les parallèles entre le secteur privé et le monde militaire, tout en nous faisant voyager au sein du marché.

 

Les points-clés de sa reconversion réussie : volonté et motivation

Au bout de 34 ans de carrière, le Ministère des Armées a proposé au Général de travailler sur sa reconversion à travers le processus de Mission de Reconversion des Officers (MRO) mis en place par le ministère et leur opérateur Défense Mobilité. Il a suivi avec bonne volonté la démarche qui s’est avérée fructueuse, mais il a surtout eu la chance de se voir offrir un emploi qui le motivait et lui correspondait totalement. Il s’est ensuite donné les moyens de ne pas faillir à sa nouvelle mission.

Monsieur Batani s’est mis dans la configuration qui lui avait permis de rentrer à l’Ecole de guerre. Il n’a rien laissé au hasard. Une intense préparation de tous les aspects de ce job a précédé le premier entretien et aucun des aspects, qu’ils soient techniques, économiques ou de management, ne lui ont échappé. Il a envisagé toutes les questions qui pouvaient survenir et tous les scénarios possibles, des réflexes militaires…

Ainsi, le facteur-clé de réussite à l’embauche reste le sérieux et la motivation : « Il vous faut ce job, vous le voulez et vous l’aurez ». Cette motivation, cette ténacité, cette énergie et cette rigueur lui viennent bien de son mental de sportif de haute montagne. Une fois passé les barrières du chasseur de tête, il a rencontré Stéphane Layani, PDG de la Semmaris, qui l’a embauché séance tenante.

Puis une fois arrivé, il a été éminemment challengé, c’est une spécificité du monde civil, français qui plus est. Un Général d’armée n’a pas à prouver sa crédibilité pour commander ; néanmoins sur le MIN de Rungis, ce n’est pas pareil… C’est ainsi que pendant six mois, il a subi peaux de banane et coups fourrés, grèves, ou encore invasion de sans-papiers.

 

Les difficultés d’adaptation des militaires

C’est un homme qui a trouvé sa nouvelle place dans la société civile, et ce n’est pas chose aisée après une longue carrière militaire. Il a une haute idée de sa valeur, nuancée tout en finesse par une humilité bien placée qu’il dit lui-même « tenir de son amour pour la montagne, un milieu qui ne pardonne pas l’arrogance ».

Voici un exemple de reconversion remarquable, qui pourrait servir de modèle aux (très) nombreux militaires qui cherchent et se cherchent. Aujourd’hui, la reconversion des militaires concerne 25 000 personnes, et si les personnels non gradés (du rang et sous-officiers) trouvent assez facilement un emploi dans leurs compétences pratiques, les officiers ont beaucoup plus de difficulté à changer d’état d’esprit et à être compétitif sur le marché du travail.

Cela est dû à plusieurs raisons. Dominique Batani explique qu’il faut déjà admettre et comprendre que le militaire va passer de « oui mon général » à, au mieux « bonjour monsieur ». Ensuite, les objectifs et les enjeux du monde civil n’ont rien à voir avec ce qui a nourri les années d’expérience du militaire. En effet, dans le civil, la finalité du job est moins romantique : « Il est rare que nous protégions la Nation, combattions pour la Liberté et délivrions les peuples opprimés. On ne construit que rarement des cathédrales et le monde peut paraître bien fade pour le militaire tout habillé de la splendeur de son rôle passé ».

 

Sa proximité avec les employés, héritage de son passé militaire

Dominique Batani aime le MIN de Rungis, et ce n’est pas une vue de l’esprit. Il aime ces gens, la fraternité qu’il y trouve, la belle humanité. De plus, il admire ces petits ou gros entrepreneurs, ces familles entières qui ont dédiées leur vie au MIN, ces réussites formidables et la générosité qui suinte d’une vie décalée du reste du monde, qui se lève à 3 heures du matin tous les jours, dans des conditions que nous, confortablement installés à nos bureaux n’imaginons même pas en rêve.

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Il décrit les gens qu’il croise, des gens qui y croient, pour qui c’est toute la vie, un Olivier qui pourrait disserter pendant des heures sur la maturation d’un morceau de bœuf de Kobé, et qui le fait même au point de lasser son auditoire.

Et Dominique Batani est présent tous les jours à 4 heures du matin ; il embrasse comme le bon pain, le patron de la marée. Il serre les mains, demande des nouvelles « Quand pars-tu en vacances et comment va le petit dernier ? ». C’est un savoir-être avec les hommes, et il emporte la confiance.

C’est là que le passé du Général et l’expérience des militaires peut jouer et faire une vraie différence : « Les hommes, ce sont mes armes, dans l’armée de terre » et il ne faut pas les perdre.

 

Sa force de management au sein du MIN

Il illustre par son management les mots de Jean-Jacques François qui décrit entre quatre mots la fonction du leader, ou plutôt en quatre fois la même lettre, les 4 S :

  • Donner du Sens
  • Organiser le Suivi
  • Assurer le Soutien
  • Favoriser les Solidarités

L’ancien Général a aussi gagné ses galons avec son chef, car malgré tout, dans le civil, on a aussi un chef. Il a immédiatement adapté ses habitudes militaires comme la planification et le reporting au management du MIN.

Le nouveau PDG n’a jamais été aussi confiant, étant convaincu que l’anticipation est permanente et que la remontée d’informations doit être régulière, franche et claire. De ce fait, il exerce pleinement son rôle vers l’extérieur où il peut briller, car la base est solide.

Quel luxe ! Peu de présidents sont aussi sereins. Comme quoi, embaucher un ancien militaire comme DG ou DRH peut s’avérer être le choix le plus pertinent de votre carrière !

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