Les œufs et le Fipronil, un scandale européen

Les œufs et le Fipronil, un scandale européen

Viande de cheval dans les lasagnes, Vache folle, Escherichia Coli, un nouveau scandale dans l’IAA.

            Les œufs au Fipronil, c’est le scandale majeur de cet été 2017. Il éclate début août, au moment où les autorités européennes annoncent que des millions d’œufs sont contaminés par une molécule antiparasitaire.

            L’usage de ce produit dans la chaîne alimentaire est interdit par la règlementation européenne car à forte dose, il pourrait être dangereux pour les hommes. Le DEGA 16, produit utilisé contre le pou rouge sur les poules contenait ainsi fipronile et amitraze, deux produits interdits par l’Union Européenne.

Ce sont les deux sociétés Poultry-Vision et ChickFriend qui ont créé et commercialisé ce produit, en toute connaissance de cause. Ils l’ont même présenté comme un produit naturel.

Cette crise est caractérisée par trois éléments majeurs

 

            Tout d’abord, à l’origine de ce scandale, la malveillance de ces deux sociétés qui ont délibérément utilisé ce produit dans le but de faire des économies et à l’encontre de toute règlementation européenne. Le dirigeant d’une société est pénalement responsable de ses activités. C’est pourquoi les dirigeants de l’entreprise ChickFriend qui a appliqué le produit dans les élevages avicoles sont aujourd’hui en prison.

            Ensuite, le problème de la remontée d’alerte entre les Etats européens. Le problème est d’abord signalé en 2016 aux Pays-Bas par un agriculteur, sans conséquences. Il est ensuite signalé aux autorités belges en juin 2017, avant que le scandale n’éclate en août 2017. Pourquoi une aussi longue remontée d’alerte ? Ces produits seraient utilisés depuis Septembre 2016, sans qu’aucune autorité des pays européens n’intervienne. La communication et la coordination entre les services européens sanitaires est clairement à revoir et à travailler dans une Union ou la commercialisation et la production s’européanise de plus en plus alors que la législation est la même pour tous.

            Enfin, le scandale médiatique. Mais pourquoi ? Selon l’ANSES et l’OMS, les conséquences et risques d’effets sanitaires d’un tel acte sont pourtant « très faibles ». Or des millions d’œufs ont été détruits et des millions de poules ont été tuées. En date du 8 septembre, plus de 39 produits ont été retirés du marché en France et la liste continue chaque jour de s’allonger. On compte aujourd’hui 34 pays touchés dont 12 pays non européens[1].

 

Ce qu’il faut retenir ?

 

  • Encore un scandale en Agroalimentaire, cela va affaiblir une fois de plus la crédibilité de la filière. Cette perte de crédibilité comme pour l’industrie pharmaceutique va engendrer des sur-réactions inutiles
  • La rapidité de la remontée d’alerte et la communication entre les acteurs est essentielle et au cœur de la bonne gestion d’une crise. Cela évite des conséquences disproportionnées quand la crise n’est pas prise à temps.
  • L’importance des médias ne doit jamais être négligée car les conséquences des informations divulguées peuvent être majeures, et parfois à tort, susciter une amplification de celle-ci.

Sources :

La tribune ; Marianne ; 60 millions de consommateurs  ; L’express ; Le figaro ; Ministère de l’agriculture

[1] La tribune

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