Compte-rendu de conférence – Corruption, du risque à l’opportunité

Compte-rendu de conférence – Corruption, du risque à l’opportunité

Compte-rendu de la conférence EH&A du 1er février 2018, « corruption, de la répression à la prévention et du risque à l’opportunité ».

Les conférenciers :

Avant de rejoindre Day One en tant qu’associée, Florence Schlegel a participé pendant plus de vingt ans à améliorer la mise en place de la conformité au sein des entreprises.

 

 

 

En tant que responsable de l’activité Conseil au sein de BDO France, Jean-Marc Allouët a développé une expertise innovante en investigation comptable. Les systèmes-experts qu’il a conçu permettent de réduire le risque de fraude et de corruption.

 

 

 

Chiffres-clés introductifs

 

  • 36% des français pensent que toutes les catégories de responsables politiques sont corrompues ;
  • 80% des personnes estiment que le sujet de la lutte contre la corruption constitue un enjeu très important ou important ;
  • Les secteurs de la Construction, des activités financières et du Commerce accordent un taux d’importance à la lutte contre la corruption compris entre 90% et 100% ;
  • 71% des entreprises estiment avoir des difficultés à lutter contre la corruption du fait de l’absence d’autorité de contrôle adaptée pour conseiller et contrôler les entreprises (2016) ;
  • Plus de la moitié des entreprises estiment ne pas être armées pour prévenir et lutter contre les risques de corruption ;
  • 70% des entreprises déclarent avoir pris connaissance de la Loi Sapin II ; et 60% ont commencé les travaux en matière de lutte contre la corruption [1].

 

Présentation de Florence Schlegel – « L’anti-corruption doit devenir un avantage compétitif »

 

Quelques chiffres clés :

  • Sur 10 entreprises étrangères condamnées aux Etats-Unis, 4 sont françaises dont Total & Alstom ;
  • Environ 6 milliards de personnes vivent dans des pays confrontés à de grands sujets de corruption ;
  • Coût annuel mondial de la corruption : $2000 Mds. La France perd chaque année $34Mds en corruption ;
  • 85% des cas de corruption jugés proviennent d’une dénonciation ;
  • 75% des affaires de corruption transnationale impliquent des intermédiaires ;
  • Rang de la France selon Transparency International : 23ème sur 176.

 

Les objectifs de la Loi Sapin II :

  • Dissiper la mauvaise image des entreprises à l’étranger ;
  • Permettre aux entreprises françaises de trouver un nouvel avantage compétitif ;
  • S’aligner sur les standards européens et internationaux ;
  • Renouer la confiance avec les citoyens méfiants des institutions par l’application des sanctions.

 

Les nouvelles obligations en matière de prévention de la corruption :

  • Un code de conduite intégré au règlement intérieur ;
  • La mise en œuvre d’un dispositif interne ;
  • La cartographie des risques et le rapport des tiers ;
  • Procédures d’évaluation des situations des clients et des fournisseurs ;
  • Contrôles comptables internes ou externes ;
  • Formation des personnels en interne les plus exposés à la corruption ;
  • Régime disciplinaire en fonction du code de conduite.

 

Les outils (code de conduite, cartographie et rapport des tiers) ne doivent pas rester des « outils dans des classeurs » mais être diffusés au sein de l’entreprise : il faut que le personnel le connaisse et l’ait compris.

La tendance actuelle pour les entreprises implantées dans des pays à haut risque de corruption est de quitter le pays le temps de mettre en place les différentes procédures de compliance etc.

La grande exception de la loi Sapin II est qu’elle ne concerne que les entreprises dont la maison mère est française. Or, cela empêche de condamner les entreprises étrangères sur le territoire français.

 

Intervention de Jean-Marc Allouët – « Les Sherlock de l’anti-corruption »

 

Aujourd’hui, il est extrêmement compliqué de trouver les failles en comptabilité à cause de l’immense masse de flux financiers qui transite.

Le triangle de la corruption :

  • L’envie de gagner plus d’argent
  • Les possibilités de le faire
  • Le sentiment d’impunité

 

Le « Due deal augmenté » est un test afin de vérifier la sécurité des entreprises, et contrôler les flux pour repérer une possible corruption. La lutte anti-corruption devient alors un avantage concurrentiel aussi pour les cabinets d’expertise en investigation comptable.

 

Présentation d’Emmanuelle Hervé sur la gestion des crises

 

Dictature de la transparence : la quantité d’outils – et de mercenaires – qui existe ne permet plus aux entreprises de cacher leur corruption à long terme ; tout finit toujours par se savoir.

Les premières mesures de la crise :

  • Quels sont vos parties prenantes ?
  • Quels sont vos enjeux ?
  • Quels sont vos scénarios d’évolution défavorables
  • Déclencher une stratégie d’alliés
  • Ecrire vos messages clés, votre Q&A
  • Etre proactif immédiatement
    • Déclencher une enquête interne
    • Le dire
    • Sanctionner fermement (mise à pied, plainte)
    • Le dire
    • Qu’aviez-vous mis en place ?
    • Qu’allez-vous mettre en place ?

 

Dans les crises de corruption, la mise en cause des responsabilités est importante, particulièrement si le facteur intentionnel est démontré. L’attitude et les messages passés doivent alors montrer responsabilité et transparence, afin d’entamer une désescalade de la crise.

Les mots-clés :

  • Attitude responsable (mais pas coupable)
  • Engagement
  • Proactivité
  • Empathie
  • Pédagogie

 

[1] Tous les chiffres sont issus de l’étude Grant Thornton 2016.

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