De la vie quotidienne du consultant à la réserve citoyenne

De la vie quotidienne du consultant à la réserve citoyenne

Ce mois-ci, je rencontre le contre-amiral Boivin, délégué au rayonnement de la Marine.

La rencontre insolite du mois de mars est le fruit d’un incroyable concours de circonstances… Au début du mois de mars, je déjeune avec Pierre Auberger ; à peine un mois plus tard et grâce à son pouvoir de conviction inégalable, je candidate pour intégrer la réserve citoyenne de la Marine nationale ! Entre temps, je rencontre le contre-amiral Boivin, délégué au rayonnement de la Marine.

Mais revenons un peu en arrière. Pierre Auberger, directeur de la communication du groupe Bouygues, est un fervent militant de la réserve citoyenne. Lui-même capitaine de frégate de réserve, il a rejoint la Marine nationale en 1983. C’est à son invitation que j’ai rencontré le contre-amiral Boivin.

 

Participer au rayonnement de la Marine

Après trente-cinq années passées au sein de la Marine, le contre-amiral Stéphane Boivin, à la tête du Centre d’études stratégiques de la Marine (CESM), est délégué au rayonnement de la Marine depuis septembre 2017.

 

Contre-amiral Stéphane Boivin [1]

 

Il a une longue expérience à la tête de divers bâtiments de combat ; d’abord le patrouilleur La Glorieuse dans le Pacifique, puis la frégate légère furtive Guépratte pour terminer par le porte-avions Charles de Gaulle. Il a pris part à de nombreuses missions opérationnelles sur tous les océans – tant en Méditerranée que dans l’océan Indien et dans le golfe Arabo-persique lors de la guerre Iran-Irak. Spécialisé dans les missiles et l’artillerie, il a occupé à plusieurs reprises les fonctions d’officier de programme pour des systèmes de missiles antinavire et de croisière et, plus récemment, d’officier de cohérence opérationnelle à l’état-major des armées.

En tant que commandant du CESM, il œuvre au rayonnement extérieur de la Marine nationale en organisant des groupes de réflexion et des conférences. Surtout, il est responsable des réservistes citoyens qui apportent leur expertise à la Marine nationale et participent au rayonnement de l’armée dans la société civile.

 

Apporter son expertise à l’armée

La réserve citoyenne de la Marine rassemble 445 hommes et femmes, ayant choisi de servir la France en faisant « bénéficier les forces armées de leur expertise et de leurs connaissances du tissu socio-économique local sans faire du métier des armes leur profession »[2]. Sollicités pour fournir une expertise professionnelle de haut niveau, ils sensibilisent les français aux enjeux maritimes et navals. Comme l’explique le capitaine de vaisseau Xavier Royer de Véricourt, « les réservistes complètent nos compétences manquantes quand il s’agit de savoir ou de savoir-faire rares ou très techniques »[3].

Je ne doute pas que cet engagement citoyen sera utile aux armées comme il nourrira ma vie professionnelle. Je pourrais faire bénéficier la Marine de mon expérience en matière de gestion de crise. Surtout, je remarque que la société civile reste largement ignorante des enjeux de défense et de l’univers militaire ; l’engagement dans la réserve citoyenne est pour moi un moyen de contribuer (très modestement) à améliorer l’image et la connaissance des armées.

Après tout mon métier est aussi un engagement et les valeurs de la Marine – « courage, sens de la décision et attention à l’humain »[4] – constituent finalement un motto parfait pour tout patron…

 

 

[1] Axel Manzano, « De l’efficience du MCO dépend la capacité de la marine à honorer ses missions », Cols Bleus [en ligne], 23 octobre 2014.

[2] « Réserve citoyenne de défense et de sécurité », La réserve des armées [en ligne], 26 juin 2017.

[3] Marie-Sophie Boissy, « Engagés pour servir », Le Minorange, n° 90, hiver 2017-2018, p. 74.

[4] Op. cit., p. 74.

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