Evénements

Lubrizol: autorités et industriels sont-ils dans le même camp ?

Le 14 janvier, EH&A organisait une table ronde d’analyse de la gestion de la crise de l’incendie de l’usine Lubrizol. A cette occasion, Emmanuelle Hervé a réuni autour d’elle les expertises de Sandrine Blanchemanche, directrice Santé et Environnement de l’ANIA, Vincent Boichard, spécialiste de la gestion d’opérations de crise et de l’accompagnement humain en situation complexe, et Laurent Pellegrin, haut fonctionnaire du corps préfectoral ayant travaillé pour les ministères des Armées et de l’Intérieur.

Ces quatre experts se sont vite accordés sur un point : la gestion opérationnelle de la crise, la part compliquée de celle-ci, ne peut être que qualifiée d’exemplaire.

Le SDIS 76, la Gendarmerie, le plan Polmar, la Dreal et toutes les autorités impliquées ont très bien articulé leurs actions lors de l’incendie et le résultat est sans appel : l’alerte est donnée à 02h39, le feu est circonscrit à 10h50, maitrisé à 13h00, éteint à 15h00.

Ce sans faute opérationnel est tout à l’honneur des services d’interventions français, ainsi que des employés de Lubrizol sur le terrain, d’autant plus qu’ils ont eu à subir plusieurs revers sur cet incendie dont une pénurie d’eau rapidement compensée par l’arrivée de bateaux pompes et un risque important d’écoulement d’eaux contaminées dans la Seine circonscrit par Polmar.

Pourtant, chacun a pu constater que la couverture médiatico-politique de cet évènement était largement négative.

En effet, sur la partie complexe de la crise, la communication, les polémiques ont très vite pris le dessus sur la parole officielle. Les décisions concernant l’alerte à la population, le mesures de précautions successivement prises et la communication de l’État autour de la gestion de l’incendie ont en particulier suscité beaucoup de colère et d’inquiétudes.

Comme l’a rappelé Laurent Pellegrin, c’est une des particularités de la gestion des crises françaises : la gestion de la crise est incarnée par un seul homme, le Préfet. Il est seul à être responsable avant, pendant et après la crise.

Dès lors, toutes ses décisions prêtent le flanc à la critique.

Dans ce cas-ci, lorsqu’il décide de ne pas déclencher d’alerte durant la nuit, il prend le parti de favoriser la gestion opérationnelle en profitant de la mise à l’abri, de fait, des populations. Mais pour tous les habitants découvrant la crise par la radio et la télévision, il y a suspicion de minimisation du problème et de défiance vis-à-vis d’eux.

C’est une autre particularité française, les autorités craignent systémiquement de voir la population paniquer. Il est donc tentant d’agir graduellement dans la mise en place de l’alerte et des mesures de précaution : en premier lieu dans un périmètre restreint, et expansion de celui-ci par la suite en fonction des remontées d’information.

Cette tendance, ce réflexe presque, est à l’exact opposé des leçons qui auraient dû être tirées par la gestion de crise du préfet maritime de l’Atlantique lors du naufrage du Grande America. (ndlr : insérer lien vers notre article de blog sur le grande america)

Pour Laurent Pellegrin, il s’agit pour la gestion de crise à la française d’entrer dans son troisième âge.

Après l’âge traditionnel, avec une gestion par téléphone de la situation, la France a très bien intégré la gestion de crise « à la Seveso ». L’opérationnel est efficace, les entraînements sont fréquents et les mesures préventives mises en place dans les sites à risques.

Seulement, il manque toujours un élément : l’association et l’implication des populations et des parties prenantes extérieures. A l’avenir, il sera nécessaire, comme cela se fait dans d’autres pays (au Royaume-Uni par exemple), de former les populations à l’alerte et aux actions à réaliser, d’associer les élus locaux, qui font d’excellents relais des consignes et alliées dans la remontée d’information, et de faire preuve d’ouverture et de pédagogie vis-à-vis des ONG et associations.

Ce n’est qu’avec la prise en comptes de ces parties prenantes que la gestion de la crise s’évitera de prêter le flanc à la critique au cours de la crise.

Il y aura toujours des rumeurs, des conspirationnistes, des critiques opportunistes. Mais il sera possible de limiter le parasitage des communications officielles et d’éviter de tomber le piège de la réaction systématique aux nouveaux éléments.

L’incendie de Lubrizol, comme l’a conclu Emmanuelle Hervé en fin de conférence, est une crise, certes majeure, mais classique.

La force des images était en contradiction avec l’absence d’empathie de la parole publique et ont générés colère et inquiétude. L’alerte et les mesures de précaution se sont faites sans associer les parties prenantes, renforçant d’autant ces émotions. Et finalement, celles-ci, ainsi que besoin de médiatisation des acteurs politiques ont généré une rapide et large judiciarisation de la crise.

Engagez-vous dans l’excellence décisionnelle !

Choisir un cap, c’est bien, encore faut-il qu’il ne mène pas à sa perte.

La métaphore est simple, mais illustre bien la volonté d’Olivier Zara d’aider les cadres et dirigeants à mieux décider, au bénéfice de leur entreprise.

Car contrairement à d’autres secteurs où les « un chef c’est fait pour cheffer » et les « je décide, il exécute » sont de rigueur, l’entreprise est un domaine où le décisionnel ne peut être considéré uniquement dans sa verticalité.

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« Si une information est numérique, nous l’identifions »

Expert en protection d’informations sensibles et investigations notamment dans le domaine du numérique, Serge Lopoukhine animait cette semaine une conférence pour EH&A. Au programme, les différentes méthodes d’investigation sur les clear, deep et dark web et ce que celles-ci peuvent dire de nous et de notre marque.

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Conférence: “Création d’un management de la gestion de crise unique au sein du site nucléaire de Tricastin » par Frédéric de Agostini, 17 avril 2019

*|MC:SUBJECT|*

INVITATION
Conférence petit-déjeuner

INVITATION

Conférence & Petit-déjeuner
le 17 Avril 2019
8h30-10h30

à la Maison du Management, 
8 villa Guizot 75017 Paris.

Création d’un management

de la gestion de crise unique

au sein du site nucléaire de Tricastin

Frédéric de Agostini

« Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait »
Mark Twain

EH&A a le plaisir de vous accueillir le 17 avril 2019 à 8h30, pour une conférence petit-déjeuner avec Frédéric de Agostini.
 
Été 2008, une fuite d’uranium sur le site de Tricastin déclenche un déchaînement médiatique et révèle une absence de management global. Sur le site on trouve 6 sociétés indépendantes et pas moins de 5 cellules de crise, la gestion de la crise est cacophonique.
En 2009, il est recruté hors du sérail Areva pour transformer cet assemblage de camps romain retranchés en un site unique intégré.
3000 personnes, 6 km sur 2, 2 préfectures, du nucléaire civil, du militaire, du retraitement, des dizaines de sous-traitants, en 7 ans Frédéric de Agostini va relever le défi. 
 
Comment a t’il réussi à imposer un leadership bienveillant et efficace? C’est ce qu’il viendra nous raconter. 
Frédéric de Agostini est actuellement CEO de la Business Unit Logistique des Matières Nucléaires au sein du groupe Orano.
Après un cycle ingénieur à l’Institut Polytechnique de Grenoble et un MBA à l’institut Européen d’Administration des Affaires, Frédéric de Agostini rejoint Areva en 2009, alors que le groupe sort tout juste d’un scandale lié au rejet d’uranium dans la Gaffière.

Nous vous accueillerons à

la 
Maison du Management, 

8 villa Guizot 75017 Paris


Horaires 

8h30 – 10h30

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81 Boulevard de Clichy, 75009 Paris I 01 44 52 06 97 I

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Compte-rendu : Conférence de rentrée du 13 septembre

Le jeudi 13 septembre 2018, EH&A recevrait l’alchimiste Patrick Burensteinas à l’agence BIG pour échanger sur la gestion de crise devant une trentaine de décideurs.
Rappelant que l’alchimie est la transformation de la matière par la forme en utilisant l’analogie de la communication de l’intention du locuteur à transmettre un message sous une certaine forme, Patrick Burensteinas souligne qu’il ne peut y avoir d’effectivité de l’action sans que l’intention ne la précède.
Cette définition permet de comprendre le processus de transformation, en particulier des individus en situation de crise. Patrick Burensteinas liste 7 étapes de cette transformation:
  1. la confusion: l’individu fait face à une situation qu’il ne comprend pas et le trouble;
  2. la perfusion: il va chercher à se détourner de cette confusion par un moyen de contournement;
  3. la fusion: comprenant que cette substitution le prend passif, l’individu va vouloir agir de lui-même;
  4. la défusion: le fait de faire lui permet de prendre du recul par rapport à la situation et de s’en détacher;
  5. l’infusion: cette prise de distance lui permet accepter de chercher de nouvelles informations;
  6. la diffusion: puis de pouvoir à son tour en transmettre;
  7. l’effusion: l’individu trouve un équilibre dans la dynamique du donner et recevoir.
Ces étapes sont linéaires et ne peuvent se faire que dans un ordre séquentiel strict, il n’est pas possible de sauter les étapes.
Cette transformation de l’individu qui passe de la confusion à l’effusion recoupe celle de l’individu en situation de crise qui la subit au départ et peut, avec méthode et entraînement en faire une opportunité.
Si le sujet de la conférence, l’alchimie et la gestion de crise a pu en surprendre plus d’un au début,  les échanges qui se sont prolongés longuement autour d’un verre montrent la nécessité et la richesse de l’ouverture d’esprit, notamment dans le domaine de la gestion de crise.
Cette conférence nous aura transformé !

EH&A était à la conférence Risk-In de Bâle !

Le 31 mai 2018, Emmanuelle Hervé était à Bâle pour participer à la conférence Risk-In. Pendant deux jours, des spécialistes de la gestion des risques se relaient pour présenter et débattre des derniers enjeux en matière de gestion de crise.

La session 2018 insistait notamment sur la gestion des risques cyber et, plus légèrement, nous expliquait comment « Take the Drama out of a Crisis » (tips gratuits : soyez un leader attentif à ses troupes. C’est vous qui déterminerez quel sera le ‘climat’ de crise : paniqué et désordonné ou calme et prêt à livrer bataille).

Crise et gouvernance : Quel rôle pour le conseil d’administration ?

Le jeudi 12 avril dernier, EH&A recevait Dominique Druon, dirigeante et fondatrice d’aliath, cabinet de conseil en gouvernance et recrutement d’administrateurs indépendants, pour aborder le thème « Crise et gouvernance ». Nous souhaitions via cette conférence souligner toute l’importance de la gouvernance dans la gestion de crise. Le conseil d’administration joue en effet un rôle crucial lorsqu’il s’agit d’aider une entreprise à se préparer aux situations de crise et à les gérer.

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La table ronde de CESACOM

Mi-mars, EH&A était conviée à une table-ronde organisée par l’école de communication CESACOM sur le thème du « Bad Buzz et Choc Advertising ». Paul Delpuech a ainsi débattu passionnément de ce sujet d’actualité. Il a pu exposer les liens majeurs entre Bad Buzz et gestion de crise. Lors de cette conférence, il était accompagné de notre partenaire spécialiste du Bad Buzz digital et fondatrice de l’Observatoire National de la Crise Digitale, Sophie Licari.

L’agence EH&A sera présente au Salon Préventica à Casablanca !

Du 26 au 28 avril, l’agence EH&A sera présente au salon Préventica, congrès international pour la maîtrise des risques. Le jeudi 26 à 11h, Emmanuelle Hervé interviendra lors d’une conférence sur les méthodes de gestion de crise et les stratégies de communication sensible.