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Newsroom mai – juin 2021

CHAQUE MOIS EH&A CONSULTING VOUS ENVOIE SA NEWSROOM. AU PROGRAMME DE MAI – JUIN 2021 :

L’oeil de l’expert

Blocage du canal de Suez – Ever Given : lire l’article

Le saviez-vous ?

La Class Action : une menace réelle ? lire l’article

Le pari risqué d’Axa : Axa suspend sa garantie cyber : lire l’article

On parle de nous

B SMART : la communication de crise d’OVH : voir le replay

L’Opinion : oser parler de ses difficultés pour sauver l’entreprise : lire l’article

Les Rendez vous Majeurs : le premier message après un accident : voir le replay

Notre métier vu de l’intérieur

L’anticipation : le coeur de la gestion de crise : lire l’article

Les nouvelles du cabinet

EH&A accueille une nouvelle consultante et une nouvelle stagiaire : Amélie Gallée et Maude Zoïs

EH&A change de décors ! Après sept années passionnantes et riches en missions qui nous ont fait grandir, nous quittons la Place de Clichy pour intégrer un quartier dynamique, en pleine évolution, situé entre République, le Marais et la Bastille.

Nos webinars passés

Compliance et anti-corruption : en amont toute ! De la gestion du risque réputationnel et judiciaire. La certification 37001 comme outil d’accompagnement ? : voir le replay

Faire la crise une opportunité avec Bruno Marion : voir le replay

Destination RETEX : comment instaurer la culture du Retex après une crise ? : voir le replay

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Newsroom mars – avril 2021

CHAQUE MOIS EH&A CONSULTING VOUS ENVOIE SA NEWSROOM. AU PROGRAMME DE MARS – AVRIL 2020 :

L’oeil de l’expert

Des millions de data parties en fumée : comment OVHcloud a t-il géré cette crise ? lire l’article

La rencontre insolite d’Emmanuelle Hervé

L’anthropologie au service de la gestion de crise : lire l’article

Le saviez-vous ?

Les crises n’attendent pas la fin du Covid : Le B.A.-BA de la gestion de crise en ligne : lire l’article / voir le replay

On parle de nous

Interview d’Emmanuelle Hervé dans le magazine Le Journal du Village du Notaire : lire l’article

Emmanuelle Hervé dans le Security Live de Anews Sécurité
La communication de crise : quels enjeux ?

Intervention d’Emmanuelle Hervé pour les élèves du Master 2 Droit et Fiscalité de l’entreprise

Capital – Le coût caché des fake news 

Notre métier vu de l’intérieur

Le RETEX : lire l’article

Les nouvelles du cabinet

EH&A accueille deux nouvelles consultantes : Alexandra Wojtowicz et Amandine d’Hardemare

Un nouveau stagiaire et une alternante : Enguerrand Jourdier et Carla Le Guernevé

Nos webinars à venir

Destination RETEX : comment instaurer la culture du retour d’expérience après une crise ? Témoignage d’un pilote d’AIRBUS 320 et d’un amiral de la Marine

Faire de la crise une opportunité avec Bruno Marion

Nos webinars passés

Les crises n’attendent pas la fin du covid : voir le replay

Compliance et anti-corruption : en amont toute ! De la gestion du risque réputationnel et judiciaire. La certification ISO 37001 comme outil d’accompagnement ? voir le replay

Nos offres communes

AFRICA VERIFY : la première solution de filtrage dédiée à l’Afrique : site internet

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Newsroom janvier – février 2021

CHAQUE MOIS EH&A CONSULTING VOUS ENVOIE SA NEWSROOM. AU PROGRAMME DE JANVIER – FÉVRIER 2020

L’oeil de l’expert

WhatsApp : What else ? par Frans Imbert-Vier : lire l’article

La rencontre insolite d’Emmanuelle Hervé

Rencontre avec Fabien Mirabaud, commissaire-priseur et associé de la maison de vente Mirabaud Mercier : lire l’article

Le saviez-vous ?

Comment redresser l’entreprise face au mur de la dette ? lire l’article / voir le replay

Nos webinars à venir

« Rumeurs et défaut de compliance : comment maîtriser ces risques ? »

Nos webinars passés

« Bad buzz, rétrospective 2020 »
par Emmanuelle Hervé et Nicolas Vanderbiest : voir le replay

« Licenciement et plan de départ volontaire : comment accompagner efficacement les salariés dans leur retour à l’emploi ? »
par Emmanuelle Hervé, Thierry d’Ornellas et Pierre-Yves Fabre : voir le replay

On parle de nous

Interview d’Emmanuelle Hervé dans le magazine Face au Risque

Nos offres communes

We Law Care : site internet

Restructuring Task Force

Les nouvelles du cabinet

EH&A accueille une nouvelle stagiaire : Elsa Bilong Hot

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Newsroom novembre – décembre 2020

CHAQUE MOIS EH&A CONSULTING VOUS ENVOIE SA NEWSROOM. AU PROGRAMME DE NOVEMBRE – DÉCEMBRE 2020

L’oeil de l’expert

Télétravail et nouveaux risques : lire l’article

Le saviez-vous ?

Ménager vos équipes de gestion de crise en temps de pandémie n’a jamais été aussi important ! : lire l’article

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« Redresser l’entreprise face au mur de la dette »
par Emmanuelle Hervé et Stéphane Roussier : voir le replay

On y sera

Commission Éthique et Conformité du CIAN : « Image et réputation, ne pas laisser filer la communication, le rôle du Compliance Officer »

On y était

Risk In 2020 : « Crisis communication, don’t fall into the trap » par Emmanuelle Hervé

AFJE 2020 : « Le rôle du directeur juridique au sein de la cellule de crise » par Emmanuelle Hervé : lire l’article

On parle de nous

Crise de E-réputation : un sujet hautement inflammable, que peut éteindre la « Task Force » créée par 3 experts : lire l’article

Notre métier vu de l’intérieur

L’analyse des risques au coeur de la gestion de crise

Les nouvelles du cabinet

Le cabinet fait peau neuve avec un nouveau logo et accueille une nouvelle stagiaire : Emma Marty

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Newsroom septembre – octobre 2020

CHAQUE MOIS EH&A CONSULTING VOUS ENVOIE SA NEWSROOM. AU PROGRAMME DE SEPTEMBRE – OCTOBRE 2020 :

L’oeil de l’expert

Anticiper et gérer le risque cyber : lire l’article

La rencontre insolite d’Emmanuelle Hervé

Rencontre avec Raphaël Fachinetti, capitaine de frégate et Directeur du CEPPOL : lire l’article

On y était

Gestion des risques : Tirer des leçons de la crise du Covid-19 : voir le replay

On y sera

Risk-In 2020 : 100% online

L’AFJE propose pour la 10e année consécutive son rendez-vous formation aux juristes d’entreprise

On parle de nous

Cabinets d’avocats : la cible idéale des cyber-attaques : lire l’article

Notre métier vu de l’intérieur

Le phénomène du Black Swan est au coeur de la gestion de crise : lire l’article

Les nouvelles du cabinet

EH&A accueille un nouveau consultant et une nouvelle stagiaire : Pierre-Henri de Longcamp et Inès de Mandiargues

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Newsroom rentrée 2020

CHAQUE MOIS EH&A CONSULTING VOUS ENVOIE SA NEWSROOM. AU PROGRAMME DE LA RENTRÉE 2020 :

L’œil de l’expert

L’Oréal face à ses contradictions : vendre des crèmes qui blanchissent la peau et démontrer son engagement éthique en supprimant les mots qui fâchent ! : lire l’article

La bataille pour la 5G : Comment naviguer dans la tourmente de la guerre économique : lire l’article

On parle de nous

Leçon de reprise n°4 : faire son « retex » de la crise du Covid-19 : lire l’article

EH&A Consulting et Eliott & Markus innovent en créant We Law Care : lire l’article

We Law Care : l’offre conjointe de Eliott & Markus et de EH&A : lire l’article

Le saviez-vous ?

5 règles d’or en cas d’attaque cyber par Frans Imbert Vier et Emmanuelle Hervé : lire l’article

Les nouvelles du cabinet

EH&A accueille une nouvelle stagiaire : Bochra

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Newsroom juin 2020

CHAQUE MOIS EH&A CONSULTING VOUS ENVOIE SA NEWSROOM. AU PROGRAMME DE JUIN 2020 :

Toute l’équipe du cabinet est fière de vous annoncer la promotion d’EH&A à la catégorie « incontournable » du magazine Décideurs. Un grand merci à la rédaction qui reconnait une nouvelle fois notre expertise en gestion et communication de crise

Découvrez le contenu de nos formations à distance

Elles sont animées par nos experts pour préserver et élever votre entreprise : Contactez nous !

L’œil de l’expert

Procédures collectives et plan de sauvegarde de l’emploi dans un monde post-covid : lire l’article

Le saviez-vous ?

Le Covid-19 et son impact sur les chefs d’entreprise et managers : une enquête du MEDEF : lire l’article

Les nouvelles du cabinet

EH&A accueille deux nouveaux stagiaires :
Guillaume Garaix et Alexis Chevalier

On y était

Emmanuelle Hervé a participé au webinaire « les conditions de résilience des organisations face aux risques imprévisibles » : en savoir plus

On parle de nous

David Abiker nous a accordé une interview, où nous revenons sur une question essentielle : « La crise sanitaire, un révélateur des talents et des manquements des managers ? : visionner l’interview

Pour lire la newsletter complète, cliquez ici : https://mailchi.mp/8373ce60eaea/eha-newsletter-avril-mai-2020-spciale-covid-352346

Le Covid-19 : son impact sur les chefs d’entreprise et managers, une enquête du MEDEF

Aux premières heures du confinement, nos experts se sont penchés sur la question du « leader confiné » dans le cadre d’un premier webinaire que vous pouvez retrouver ici : https://www.youtube.com/watch?v=ww6Uu4WOJNM

Nous avons tenté d’analyser pendant cette période inédite quel était le leadership approprié en temps de crise et à distance.

@EH&A

Mais comment managers et décideurs ont-ils vécu cette crise de leur côté ? Personnellement et professionnellement ?

Lors de la crise sanitaire, le MEDEF a réalisé deux enquêtes afin de connaitre « l’impact » de cette crise sur « l’état d’esprit des chefs d’entreprise », entre leurs difficultés rencontrées et les initiatives positives qui ont pu découler de cette crise.

L’étude s’intitule « les dirigeants face à la crise sanitaire ». Elle a été réalisée entre le 27 mai et le 5 juin 2020. Ce ne sont pas moins de 1 203 chefs d’entreprise qui ont été interrogés.

Les résultats indiquent plusieurs points d’attention. Le premier étant l’inquiétude des dirigeants concernant la pérennité de leur structure. L’avenir de leur entreprise (encore aujourd’hui pour beaucoup) reste incertain.

L’étude montre toutefois que les dirigeants se sont servis de cette crise pour rebondir. Les inquiétudes ont été nombreuses, le stress très important, mais ce dernier était un véritable facteur « stimulant ».

Pour « pallier la perte de chiffre d’affaires », les entreprises se sont penchées sur une nouvelle manière de travailler en développant la digitalisation, de nouvelles habitudes et se sont réinventées en termes de logistique, en repensant l’organisation des locaux, des horaires, des déplacements.

Par ailleurs, la « confiance dans le collectif de l’entreprise » est aussi notable. À distance, les managers et chefs d’entreprise ont dû entretenir plus que jamais la communication avec leurs collaborateurs. La confiance s’en est trouvée renforcée.

Un dernier point est à aborder. La plupart des interrogés ont confié avoir eu beaucoup de difficultés à prendre du temps pour eux « en dehors de leur entreprise ». Par ailleurs, ils ont constaté que la conciliation entre « leur vie personnelle et leur vie professionnelle » était délicate. Dans ce cadre, l’étude est illustrée par une cartographie des impacts de la crise sanitaire sur la performance et le bien-être des dirigeants.

@MEDEF

Cette problématique du bien-être au travail se retrouve dans une seconde étude réalisée du 6 au 18 mai par Kantar qui avait pour thème « la perception du climat au travail pendant la crise sanitaire ». 1 502 salariés issus du secteur privé ont répondu à cette enquête.

La crise sanitaire mondiale que nous vivons engendre de profonds bouleversements sur notre façon de travailler.

Comment capitaliser au sein de votre entreprise sur ce qui a été bénéfique et qu’il faut garder, sur ce qui est perfectible mais intéressant et sur ce qui au contraire, était compliqué et qu’il faut éviter ? Comment rassembler tous les employés pour en parler et recueillir ces informations précieuses, à distance et tous ensemble.

Nous avons développé une méthode qui permet en vingt minutes de mobiliser l’intelligence collective de l’ensemble des collaborateurs de votre entreprise, sans distinction entre cols blancs et cols bleus, pour engager, ensemble, une réflexion sur le monde de demain.

N’hésitez pas à nous contacter !

Retrouvez l’intégralité de l’étude ici : https://www.medef.com/uploads/media/default/0019/10/12936-supermood-medef-covid.pdf

Newsroom avril/mai 2020 – spéciale Covid-19

CHAQUE MOIS EH&A CONSULTING VOUS ENVOIE SA NEWSROOM. AU PROGRAMME D’AVRIL/MAI 2020 :

Solidarité face au covid-19 :

EH&A Consulting a mis en place une consultation gratuite d’une durée de 30 minutes afin de vous accompagner à distance dans la gestion de cette crise.

Mise à disposition gratuite de l’outil CrisisLog : pour en savoir plus

EH&A a crée un guide de survie Covid-19 pour les entreprises, il est mis à jour systématiquement et disponible ici : pour télécharger le guide

Projet solidaire, tous les bénéfices distribués à la Fondation de France :

Pour acheter le livre « le confinement expliqué à mon boss » c’est ici

COVID-19 : COMMENT LES BIAIS COGNITIFS ONT PERTURBÉ LA GESTION DE LA CRISE :

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DE l’ASIE AUX ÉTATS-UNIS, UNE MULTINATIONALE FACE AU COVID19 : TELEPERFORMANCE TÉMOIGNE :

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On parle de nous :

Interview pour Speak4Impact : en savoir plus

Interview pour Eliott & Markus : « gestion de crise (sanitaire) en cabinet d’avocats » : en savoir plus

Le CIAN et le MEDEF Paris ont partagé notre guide de survie pour les entreprises : en savoir plus

On y était

Le webinar des Sommets du Digital : regarder le replay

Le Webinar de Mountain Path : regarder le replay

Les webinars confinés d’EH&A

Le leader confiné : quelle posture face à la crise ? : regarder le replay

Maintenir la confidentialité des échanges : regarder le replay

Les bons, les brutes et les truands : votre posture pendant cette crise aura un impact sur votre réputation : regarder le replay

Déconfinement : le jour le plus long : regarder le replay

Après la pandémie, nouveau monde ou monde nouveau ? : regarder le replay

Les entreprises en difficulté – épisode 1 – combattre le déni : regarder le replay

Les entreprises en difficulté – épisode 2 – le plan de redressement : regarder le replay

Il est toujours temps de participer à notre étude !

Faites-nous part de votre expérience en répondant à notre questionnaire « la crise et vous » !

Pour lire la newsletter complète, cliquez ici : http://mailchi.mp/d81649fb40fa/eha-newsletter-avril-mai-2020-spciale-covid-352322

COVID-19 : COMMENT LES BIAIS COGNITIFS ONT PERTURBÉ LA GESTION DE LA CRISE

Crédit photo : Reuters

« Les biais cognitifs, parfois aussi appelés “illusions cognitives”, sont un ensemble d’erreurs de raisonnement qui diffèrent du simple oubli ou de l’erreur de calcul. Les biais cognitifs sont observables lorsque, dans une certaine situation, un sujet commet une erreur de raisonnement en recourant à une heuristique plutôt qu’à une loi logique et forme ainsi une croyance injustifiée, voire fausse ».

Source : https://encyclo-philo.fr/a-propos-le-vrai/

Pourquoi prenons-nous des mauvaises décisions ? Pourquoi des personnes compétentes, pleines de bonnes intentions entreprennent des actions qui nous semblent bonnes mais qui se révéleront désastreuses pour l’avenir d’une entreprise par exemple ? Pourquoi nous sous-estimons ou au contraire surestimons une crise ?

Ce sont les travers des biais cognitifs. Ces erreurs, déclinées en plusieurs catégories, sont particulièrement notables en temps de crise. 

Nous sommes tous de potentielles victimes de nos biais cognitifs. Nous avons tendance à sous-estimer les risques qui ont certes une probabilité d’occurrence relativement faible, mais qui ont pourtant un impact, humain, financier, ou encore réputationnel très important. On pourrait citer ici les accidents nucléaires, les crashs d’avions, etc. Nous nous y préparons donc, et à tort, trop peu. C’est ce que Thaleb conceptualise autour du « cygne noir ».

Aujourd’hui, nous retrouvons sur toutes les plateformes que nous scrutons, des extraits vidéo, où des scientifiques, des spécialistes, des politiques, minimisaient le risque d’une épidémie dans notre pays. En effet, il y a trois mois, une épidémie semblait impensable sur notre sol.

« On sait que ce virus est peu mortel »

Christophe Prudhomme, porte-parole des médecins urgentistes

Comment pouvons-nous expliquer ces prises de parole, où la peur et le déni, semblaient déformer notre perception de la dangerosité du virus. Regardons de plus près les différents biais décrits par Olivier Sibony, dont nous avons tous été victimes pendant cette crise :

  • Le modèle mental :

Nous avons tous vu, si ce n’est ressenti, cet irrépressible besoin de comparer ce virus à un modèle que nous connaissions, ou qui s’en rapprochait. Instinctivement, en France, nous nous sommes rappelés de la grippe A/H1N1 en 2009, rapidement maitrisée. À l’époque, nous avions agi vite et fort, avec les campagnes de vaccinations et les réserves de masques. Nous nous sommes souvenus qu’il ne fallait pas surréagir, la population, les médecins et les spécialistes, ont ce même souvenir. En Chine, le souvenir était celui du SRAS, d’où une réaction beaucoup plus forte et appropriée.

  • Le biais de croissance exponentielle :

Comment appréhender une croissance exponentielle ? Nous voyons une courbe de cas, de décès ; on sait qu’elle va augmenter, mais on la sous-estime. 

Dans cette crise, la courbe des décès est exponentielle dès le début. Prenons un exemple simple, au début de la crise, le Pr. Jérôme Salomon annonce dans ses points quotidiens un doublement du nombre de cas tous les trois jours. On sous-réagit à l’exponentielle, car au début, on parle de chiffres de 3 ; 5 ; 8 individus… On s’éloigne encore de la prise de conscience en se persuadant que la situation, au vu de ces premiers chiffres, n’est après tout pas si grave.

  • L’endo-groupe, apprendre de l’expérience des autres ?

Nous avons tous un jour pensé et cru que « cela n’arrivait qu’aux autres », « ça ne peut pas arriver chez nous ». Nous sommes convaincus que notre endo-groupe est différent de l’exo-groupe. 

Les Italiens par exemple, ont jugé irréaliste le comportement de leur voisin français lorsque le premier tour des municipales a été maintenu. Chaque pays ne peut pourtant pas gérer cette crise de la même façon, et nous trouvons des explications pour nous éloigner encore de la prise de conscience de la gravité de la situation. Selon Bolsonaro, les Brésiliens sont plus solides que les autres ; pour les Américains, il est bien entendu impossible d’attraper un virus chinois, probablement d’ailleurs une nouvelle machination orchestrée par les démocrates…

Toutefois, il est fondamental de se garder d’émettre des jugements hâtifs. Nous sommes tous concernés, de manière universelle, bien qu’il existe des différences sur certaines questions selon les cultures et les genres, elles n’influent que très peu sur les biais.

  • Le biais d’excès de confiance

Nous avons tendance à faire confiance aux estimations et à les suivre, surtout en temps de crise. Pourtant, nous les surestimons ou nous les sous estimons… L’exemple étasunien est ici notable. Lorsque de grands scientifiques ont été amenés à devoir donner une estimation du nombre de cas dans les 12 jours, ils ont répondu collectivement qu’il s’élèverait à environ 19 000. 

Seulement, 12 jours plus tard, le chiffre s’élevait à 120 000 cas. Les meilleurs experts dont le pays disposait se sont donc tous trompés. De plus, il faut noter que ces professionnels ont vu d’autres épidémies, et des réactions qui ont pu s’avérer disproportionnées. Ils ont ainsi une responsabilité de prévenir mais aussi de ne pas semer de panique devant tant d’incertitudes.

  • Le biais social ou le biais d’imitation

Des parcs bondés, des plages occupées, des réunions entre amis, ces gens qui font comme si tout allait bien, ne peuvent tout de même pas se tromper ? Si ? La situation ne doit pas être aussi grave en fin de compte… Le 15 mars, le confinement que nous vivons actuellement nous semblait impensable. Aujourd’hui, c’est la norme, nous l’acceptons et nous nous y conformons (du moins la plupart d’entre nous s’y conforment et heureusement), d’ailleurs nous assistons même aujourd’hui à des dénonciations de ceux qui ne semblent pas le respecter. Ce modelage des habitudes montre que nous faisons comme les autres, nous sommes influencés et nous imitons le comportement des uns et des autres.

Mais sachant tout cela, comment fait-on pour éviter les biais qui altèrent notre jugement ?

Les biais cognitifs sont des erreurs dont nous n’avons par principe pas conscience sur le moment. Ce sont des réalités qu’on ne peut pas éviter tout seul. 

C’est une leçon d’humilité, nous ne sommes pas à l’abri d’en être victime. Cette fatalité est amplifiée par les médias, que nous consommons particulièrement régulièrement pendant cette période. Ils ont un rôle non négligeable dans ces biais. Ils nous poussent à nous retrancher dans le « système 1 », une pensée rapide, permanente, qui ne nous aide certainement pas à prendre du recul. M. Sibony nous rappelle d’ailleurs que 80 % du temps d’antenne des médias sont centrés sur le Covid-19, mais à nous de nous gendarmer sur cette activité.

On prend conscience aujourd’hui qu’il aurait fallu agir dès les premiers cas de décès déclarés. 

À cause du mécanisme des biais, la prise de conscience se fait malheureusement par palier, nous avons donc tous un temps de retard. Aujourd’hui on ne comprend pas pourquoi les municipales en France ont été maintenues, on conçoit qu’il s’agissait, même avec des précautions, d’un facteur supplémentaire de propagation de l’épidémie.

Pourtant, avant le confinement, les réactions sur une possible annulation des élections étaient vives… On a pu entendre notamment la comparaison d’une annulation avec un « coup d’État ». Ce sont pourtant ces mêmes personnes qui aujourd’hui sont révoltées et qui jugent l’action gouvernementale tardive. C’est un véritable paradoxe, mais l’acceptabilité, se fait par palier.

Après avoir sous-réagit, on sur-réagit, tout s’emballe ! Il est difficile dans une situation de crise de revenir à un raisonnement patient et rationnel.

Nous allons également devoir penser à l’après, ce qui nous semble difficile car le bilan s’alourdit. De nombreuses personnes vont mourir, et sont en train de mourir, cela se passe maintenant, c’est tangible. Au-delà de La Peste de Camus il faut aussi anticiper Les Raisins de la colère de Steinbeck, même si cela peut sembler indécent. Car la crise économique qui se profile représentera également de nombreuses cassures et causera de multiples blessures dans la société. Le désespoir est déjà très important, on peut le voir aux États-Unis par exemple, où une partie de la population préfère prendre le risque d’un déconfinement immédiat, plutôt que de subir par la suite une violente crise économique, qui engendrera indubitablement une autre crise sanitaire. Finalement, cette crise est plus abstraite, moins tangible, moins urgente, mais on doit y réfléchir.

Malgré la pression médiatique il ne faut pas avoir le sentiment de choisir entre une crise sanitaire ou une crise économique, mais devoir réfléchir aux impacts sur le bien-être global des choix que nous devrons faire à la sortie de cette crise. En d’autres termes, « il faut prendre de la distance pour sauver des vies après. »

Sortir de la crise

Pour sortir de cette crise, nous allons devoir faire des choix, mais aucun ne permet de garantir une sécurité totale. Aucun schéma ne nous garantira de mettre tout le monde à l’abri.

En fait, M. Sibony décrit quatre niveaux d’incertitudes dans lesquels nous nous retrouvons :

  1. Combien de gens sont infectés, combien l’ont été ? etc.
  2. À quelle vitesse le virus se transmet, comment exactement ? Dans quelle mesure il sera saisonnier ? L’immunité est-elle définitive ?
  3. Combien de temps va durer le confinement, quel impact sur la paix et sur le tissu social aurait-il ?
  4. Est-ce que les gouvernements ont fait assez ? Notre consommation va-t-elle changer après ?

Personne ne sait aujourd’hui comment nous sortirons de cette crise, et quelle image aura la société après celle-ci. On peut formuler de multiples scénarios tant le niveau d’incertitude est grand. Pourquoi ne pourrait-on pas envisager une récession comme en 1929 ? Il faut ici repenser à Socrate après tout « Tout ce que je sais c’est que je sais que je ne sais rien ».

Pour la sortie du confinement, les mêmes interrogations se posent, et encore une fois plusieurs scénarios sont envisageables. Il y aura probablement des confinements successifs, mais dans ce cas-là ils pourront être difficiles à faire respecter ? Un déconfinement par catégories, qui pose des problèmes éthiques ? Un déconfinement progressif à commencer par les personnes qui sont supposément immunisées après avoir été guéries du virus ?

Chaque système a ses failles, la seule solution reste un remède, un vaccin. Il est ici temps de revenir sur un autre biais, dont nous serons forcément victimes à la fin de cette crise.

  • Le biais rétrospectif

Il n’y a rien de plus facile que de regarder le présent à la lumière du passé, on reprochera de toute manière au gouvernement la gestion de cette crise. Quel que soit le bilan. S’il y a 30 000 morts, nous conclurons que nous avons surréagi. Si le bilan s’élève à 300 000, nous conclurons que ce qui a été mis en place n’aura servi à rien, et qu’on peut qualifier de criminel, ce qui a été mis en place.

Dans l’après, nous aurons du mal à imaginer l’incertitude dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. Et nous serons alors, forcément victimes du biais rétrospectif.

C’est ce que nous enseigne Olivier Sibony, professeur à l’HEC, spécialiste en résolution de problèmes, en prise de décision et expert en stratégie, dans une conférence virtuelle intitulée : comprendre les biais cognitifs en pleine crise du coronavirus. Celle-ci est disponible ici : https://www.youtube.com/watch?v=wDD4h-_TgQs.

Nous vous avons proposé un résumé de cette excellente et très instructive intervention. De celle-ci, nous avons dégagé cinq leçons pour tenter de mieux appréhender ces biais, de les connaître, et savoir qu’ils peuvent nous induire en erreur.

  1. Connaître et savoir identifier les biais dont on peut être victime est une bonne chose. Mais le mieux, c’est aussi de regarder les faits plutôt que les raisonnements par analogie. Il faut se munir d’une humilité devant les faits, s’entourer d’une diversité de points de vue.
  2. Paniquer ne vous aidera pas. En France, nous suivons les ordres du pouvoir central. Dans d’autres pays, les universités par exemple ont fermé avant que ce soit obligatoire (c’est le cas des États-Unis), on a pu observer également des initiatives prises par des populations, confinées avant que les mesures gouvernementales de les y obligent (c’est le cas de l’Ukraine).
  3. Personne ne sait rien, tout le monde fait des probabilités. Accepter l’incertitude est fondamental.
  4. Se préparer, apprendre à anticiper est indispensable.
  5. Accepter que le risque zéro n’existe pas ; les biais ont beau être connus, ils ne sont parfois pas pris en compte, parfois oubliés. Nous restons humains, faillibles, c’est pour ça que les meilleurs épidémiologistes peuvent se tromper.